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Vaccination dans la Tshopo : le paiement par Mobile Money plonge les prestataires dans la précarité et expose injustement les médecins chefs de zone Alors que des centaines de prestataires des campagnes de vaccination contre la rougeole-rubéole (avril-mai) et de l’activité du 18 au 20 juin attendent toujours leurs rémunérations, les médecins chefs de zone de la ville de Kisangani dénoncent un système de paiement par Mobile Money qu’ils jugent défaillant. Victimes de menaces et d’accusations de détournement de fonds, ils affirment n’avoir aucune responsabilité dans ces retards et appellent le gouvernement ainsi que les partenaires à revoir le mécanisme de paiement.

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Les médecins chefs de zone brisent le silence

Les médecins chefs de zone des aires de santé de Kisangani sont montés au créneau pour dénoncer les conséquences du mode de paiement des prestataires des activités vaccinales via Mobile Money. Lors d’un point de presse, le Dr Lolo OFOILI, médecin chef de la Zone de santé Tshopo, a rejeté les accusations de détournement de fonds portées contre les responsables sanitaires locaux.

Selon lui, les médecins chefs de zone sont devenus les premières victimes d’un système qu’ils ne contrôlent pas.

« Nous sommes accusés de détourner les fonds alors que nous-mêmes ne sommes pas payés. Nous subissons des menaces des prestataires qui pensent que nous retenons leur argent, alors que les paiements ne dépendent plus de nous », a-t-il déclaré.

Un système de paiement qui crée frustrations et tensions

Dans la province de la Tshopo, qui compte 23 zones de santé, dont cinq situées dans la ville de Kisangani, le paiement des prestataires est désormais effectué directement par Mobile Money ( Mpsa ) sous la responsabilité des partenaires techniques et financiers.

Selon les médecins chefs de zone, cette nouvelle procédure, censée accélérer les paiements et renforcer la transparence, produit aujourd’hui l’effet inverse. Les retards s’accumulent, certains prestataires ne reçoivent qu’une partie de leurs indemnités, tandis que d’autres n’ont absolument rien perçu plusieurs semaines après les activités.

Pour la campagne de vaccination contre la rougeole et la rubéole, le Dr Lolo OFOILI indique que seulement 45 % des prestataires de la Zone de santé Tshopo ont été payés. Dans les zones de Makiso et Mangobo, le taux de paiement est estimé à 20 %, alors que les zones de Kabondo et Lubunga affichent zéro paiement.

Les médecins chefs de zone perdent leur crédibilité

Le responsable sanitaire estime que depuis l’abandon du système de paiement géré au niveau des zones de santé, les gestionnaires locaux ont perdu leur crédibilité auprès des prestataires.

« Depuis que les partenaires ont choisi de payer directement via Mobile Money, nous avons perdu notre honneur et le respect des prestataires. Pourtant, nous ne sommes plus responsables des paiements », a regretté le Dr Lolo OFOILI.

Cette situation alimente un climat de méfiance. Des prestataires en colère s’en prennent directement aux médecins chefs de zone, persuadés qu’ils bloquent volontairement les fonds.

Des pressions politiques qui aggravent la crise

À cette tension s’ajoutent désormais des interventions de certains députés provinciaux qui, selon les responsables sanitaires, exercent des pressions sur les médecins chefs de zone.

Pour le Dr Lolo OFOILI, cette situation porte gravement atteinte à la dignité des professionnels de santé.

« Un médecin veille sur sa personnalité, sa dignité et son honneur. On ne devrait pas nous exposer de cette manière pour des paiements qui ne relèvent pas de notre responsabilité », a-t-il insisté.

Un retour à l’ancien système souhaité

Face aux nombreuses difficultés rencontrées, les médecins chefs de zone proposent que les gestionnaires des zones sanitaires retrouvent la responsabilité du paiement des prestataires, estimant qu’ils sont mieux placés pour assurer un suivi efficace et résoudre rapidement les éventuels problèmes.

Le Dr Lolo OFOILI rappelle qu’il totalise plus de neuf années d’expérience comme médecin chef de zone et affirme n’avoir jamais connu une telle crise avant l’introduction du paiement par Mobile Money.

« Cela fait plus de neuf ans que je travaille dans cette filière. Nous n’avons jamais connu un tel scénario. Les difficultés ont commencé avec le paiement par Mobile Money », a-t-il déclaré.

Des arriérés toujours impayés

Au-delà des campagnes de vaccination de cette année, plusieurs prestataires attendent encore le paiement d’activités réalisées en 2025. Une situation qui alimente davantage la colère sur le terrain.

Même certains professionnels des médias ayant assuré la couverture des activités vaccinales n’ont toujours pas reçu leurs indemnités.

Un appel au gouvernement et aux partenaires

Les médecins chefs de zone demandent au gouvernement national d’engager rapidement des discussions avec les partenaires afin de corriger les dysfonctionnements observés dans le système actuel de paiement.

Ils estiment que les principes de bonne gouvernance ,notamment la responsabilité, la transparence, la redevabilité et l’obligation de résultats , doivent être respectés afin d’éviter que des agents innocents continuent d’être tenus responsables d’un processus qu’ils ne maîtrisent pas.

Le point de presse a été animé par le Dr Marcel BACHULU, médecin chef de zone ad intérim de Kabondo, et le Dr Lolo OFOILI, médecin chef de la Zone de santé Tshopo, qui ont plaidé pour une solution rapide afin de préserver la sérénité des prestataires, la crédibilité des responsables sanitaires et le bon déroulement des prochaines campagnes de vaccination.

Osée Yawalo Baleka

La Vérité éclaire, Mwangaza informe

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