Une province sous forte pression épidémiologique
La Tshopo se distingue malheureusement comme la seule province de la République démocratique du Congo à enregistrer actuellement les trois types de poliomyélite, ce qui en fait un épicentre critique de surveillance et de riposte. Cette situation contraste avec les progrès significatifs observés au niveau national ces dernières années.

Cependant, d’autres maladies évitables par la vaccination continuent de peser lourdement. En 2025, le pays a enregistré 3 761 cas confirmés de rougeole en laboratoire, dont 567 cas de rubéole. Pour la seule province de la Tshopo, les données de 2026 font état de 2 039 cas suspects de rougeole, avec 937 cas confirmés et un bilan alarmant de 277 décès.
Une campagne intégrée ambitieuse
Face à cette situation, les autorités provinciales ont opté pour une stratégie de vaccination intégrée, combinant la lutte contre les trois maladies. La campagne se déroule du 21 au 25 avril 2026 et repose sur deux approches complémentaires : la stratégie fixe (dans les sites de vaccination) et la stratégie avancée (déploiement des équipes dans les communautés).
Les objectifs sont ambitieux :
Vacciner plus de 9 000 enfants âgés de 0 à 59 mois contre la poliomyélite ;
Atteindre plus de 2 000 000 d’enfants de 6 à 14 ans contre la rougeole et la rubéole.
Sur le plan technique, la vaccination contre la poliomyélite prévoit l’administration de quatre gouttes par enfant : deux gouttes de nVPO (nouveau vaccin oral contre la polio) et deux gouttes de VPO bivalent.
Un engagement politique fort
Dans un geste hautement symbolique, le gouverneur ad intérim Valencio Mandropia a lui-même administré les premières doses à un enfant, marquant ainsi son engagement personnel et celui du gouvernement provincial dans la réussite de cette campagne.
Dans son allocution, il a insisté sur la gravité des maladies ciblées :
La rougeole, hautement contagieuse, peut entraîner des complications graves telles que la pneumonie, la cécité, voire la mort ;
La rubéole représente un danger majeur pour les femmes enceintes, pouvant provoquer des malformations congénitales ou la mort du fœtus ;
La poliomyélite, maladie invalidante, peut provoquer une paralysie irréversible, avec une capacité de transmission extrêmement élevée — un enfant infecté pouvant en contaminer jusqu’à 200 autres.
La vaccination : un droit et un devoir
Le gouverneur a rappelé que la vaccination constitue à la fois un droit fondamental pour chaque enfant et un devoir pour chaque parent. Il a appelé à une mobilisation générale, impliquant les leaders communautaires et confessionnels, afin d’assurer une couverture vaccinale maximale.
« La réussite de cette campagne dépend de l’engagement de tous », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité pour les parents de conduire leurs enfants vers les sites de vaccination.
Un enjeu de santé publique majeur
Au-delà de la réponse immédiate à la flambée des cas, cette campagne s’inscrit dans une stratégie plus large d’éradication des maladies évitables par la vaccination. Dans une province où les indicateurs restent préoccupants, le succès de cette initiative pourrait constituer un tournant décisif.

Osée Yawalo Baleka
La Vérité éclaire, Mwangaza informe
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