Dès son arrivée, une foule nombreuse s’est mobilisée pour l’accueillir, témoignant de l’ampleur de son influence et de l’attente suscitée par son message. Dans une ambiance fervente, le cortège a parcouru plusieurs artères de la ville avant de converger vers la place Nyamwisi, point névralgique du rassemblement.
Face aux fidèles, le prophète a réaffirmé la vision qu’il dit avoir reçue le 1er novembre 2025, proclamant 2026 comme « l’année de la paix ». Dans un ton assuré, il a déclaré que cette paix était déjà en train de se manifester à Beni, appelant la population à y prendre part activement à travers la prière et le rejet du tribalisme. « La prière mutuelle est essentielle si nous voulons bannir les divisions et instaurer une coexistence harmonieuse », a-t-il insisté.
Au-delà du message spirituel, son discours a également pris une tournure civique et politique. Il a exhorté les citoyens à soutenir les institutions de la République et à faire preuve d’obéissance envers le chef de l’État, , ainsi qu’aux autorités légalement établies. Selon lui, « la loyauté envers la patrie est indissociable de la foi », une déclaration qui illustre sa volonté de lier engagement religieux et responsabilité citoyenne.
Le prophète n’a pas manqué de saluer certaines initiatives de développement en cours dans la région, notamment la modernisation de l’aéroport de Mavivi et les travaux de réhabilitation de la route Beni-Kasindi. Toutefois, il s’est également aventuré sur le terrain sensible de la réforme constitutionnelle, qualifiant l’actuelle Constitution d’« acte de vente de la RDC », une prise de position qui pourrait susciter débats et controverses.
Malgré ces incursions dans le champ politique, la dynamique principale de sa tournée reste résolument spirituelle. Le prophète Mulindwa semble déterminé à aller jusqu’au bout de sa mission, en dépit des défis logistiques et sécuritaires inhérents à un périple à travers des zones parfois instables. Après Beni, son agenda prévoit des étapes à Goma puis à Bukavu,confirmant sa volonté de couvrir les principaux foyers de tensions de l’Est du pays.
Son passage à Beni s’est conclu par une bénédiction adressée aux « Wateulé », présentés comme les « élus » de la cité de refuge, en reconnaissance de la construction d’un grand bâtiment pour l’église de Dieu, dont l’inauguration est annoncée dans un avenir proche.
À travers cette tournée, le prophète Jules Mulindwa ne se contente pas de prêcher : il construit un discours global mêlant foi, paix, patriotisme et réformes. Reste à savoir si cette mobilisation spirituelle parviendra à produire un impact durable dans un environnement où les attentes dépassent largement le cadre religieux.
Osée Yawalo Baleka
La Vérité éclaire, Mwangaza informe
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